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Nous étions bien ensemble...

Depuis quelques jours, je reçois des messages ou commentaires plutôt gentils, me demandant pourquoi j’ai arrêté ou si je pense reprendre ce blog… Et m’est apparue l’évidence que j’ai manqué à tous mes devoirs.

Celui de ne pas avoir dit au revoir, celui de n’avoir pas remercié tous celles et ceux qui m’ont soutenu, commenté mes articles ou leur amitié… ni même de féliciter les quelques piliers d’ici dont j’aime tant le travail (je pense à Fred, Diane, Eric, Zélie et Grenouille, Pierre, Fabrice Keruit et j’en oublie pardonnez-moi…).

Bref, mon activité sur Allociné s'est arrêtée avec ce dernier post... Joli clin d'oeil... Où une femme, une grande artiste pose ses valises et se retourne sur son parcours... Je ne suis pas artiste et je suis un homme, je n'ai pas posé mes valises, je ne le ferai jamais... Mais suis parti vers d'autres horizons et aventures... A tout ceux qui m'ont soutenu ici, ou bien lu... à qui je n'ai pas dis au revoir... je dis Merci !

Bon vent à tous !

 
Les plages d'Agnès

Agnès V vue par Jane B...

Etrange signe du destin, Jane Birkin et Agnès Varda nous sont revenues en décembre avec deux œuvres personnelles, qui s’entrelacent et s’interpellent. « Enfants d’hiver », l’album de Jane B et « La plages d’Agnès » le film de Varda. En 1987, les deux amies se plongent dans « Jane B, vue par Agnès V » et « Kung-fu master », deux œuvres atypiques et d’une fraîcheur rassérénantes. L’idée de croiser leurs bébés pour parler du film s’impose…

Prends cette main

« Prend cette main qui a beaucoup servie, fais un pansement autour… Entoure ce corps qui a donné la vie, avec les brassières de survie »   

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Les Plages d’Agnès, plus qu’un film, est une leçon de vie, d’optimisme et d’humanité. Agnès Varda nous interpelle, nous invite à vivre ou revivre avec elle des instants précieux mis bout à bout. La cinéaste, la documenteuse, la voleuse d’instantanés, la femme la mère. Ni album de souvenir, moins encore un herbier, les  pages d’Agnès que l’on tourne compose un grimoire unique, dont liberté, sincérité, abnégation à son art, humour et simplicité d’âme sont les mots clefs. Elle se livre plus que par le passé, truculente, émouvante, amoureuse, splendide ! Jeu de miroirs et de prismes, les plans s’enchaînent, se croisent et livrent la matière : une vie.

Période bleue

« Mon souvenir se fait le tri, mettant autant de bleu que de gris. De belle images de nous en Bretagne et qui posent. Et je creuse su la plage, je trouve partout ton image… T’es n’es pas là et le feuilles s’amusent dans le vent, embarquant les papiers blancs… Je trie comme quelqu’un qui perd les pages, il y a du vent sur les plages. Et c’est vrai l’autre soir j’ai failli te ranger dans un bouquin noir ».

Certains s’accrochent à la terre, pour se rassurer, terre d’enfance, terre d’asile, terre promise… mais six pieds sous terre tout apparaît comme terre à terre. Agnès aime les plages, paysage évoluant sans cesse à la stabilité incertaine. Comme une vie dont le terme est aussi illusoire qu’un tas de sable, que le vent du futur viendra désagréger, laissant les souvenirs à l’esprit  

Agnès Varda - Les Plages d'Agnès

A la grâce de toi

Pourquoi  la grâce  de toi me frappe ensommeillée ce soir. Ton visage les yeux clos me rappellent toi dans mes bras. Pourquoi je te vois courir comme au ralenti. Et les rires ont un écho des plages de l’oubli… Pour caresser une fois encore et comprendre la beauté de cette complexité du corps trop faible pour nager. Au contre courant la vie envoie des vagues imprévues de mélancolie ».

 

Agnès est une femme tombée en amour pour la vie, Jacques Demy hante son film comme il hante sa vie. De photos joyeuses en bout de films, de mots en larmes, son absence la torture admirablement, il vit encore par elle et pour elle. Jacquot de Nantes était l’homme, son homme emporté trop vite par une saloperie, un virus qui a éteint une certaine forme de vie. SIDA bitude, caché, elle met à jour le combat qu’il a mené, ainsi que ses proches. Larme à gauche, douleur à droite, les spectateurs que nous sommes sont effondrés par cette scène qui résonne déjà comme un florilège. 

Madame

Tu m’as dis madame, ça me fend l’âme… Suis plus une fille ni garçon joli, femme de compagnie, compagnon d’un parti pris pas à vendre ni à acheter. De prix tant pis pour la mythologie.

 

Agnès et son éternelle allure de garçonne s’est imposée à la vie autant qu’en matière artistique, femme de passion, égérie d’une nouvelle vague, elle craque pour les beaux yeux de Godard et n’en oublie pas les autres copains dont Resnais. Elle a imposé un style, le sien qui la porte du film le plus conventionnel à l’expérimental avec toujours autant d’intelligence. Libre, couverte de prix, elle avance se moquant d’une carrière en s’attachant à son œuvre. Agnès, avec toit mais loi, elle déteste les dogmes.  

14 février

J’ai peine dans la région de l’espoir, déplacés les au revoir.

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Autre temps fort du film, Agnès égrène ses amis disparus autour d’une exposition à Avignon. Les Vilar, Gérard Philippe, Noiret, Monfort… Tassée, recroquevillée, elle parle à sanglots à peine étouffés, comme celle qui reste et le regrette. On pense à La chambre verte, où Truffaut évoque le fait de connaître plus de morts que de vivants… Une vie qui a filé.

 

Enfants d’hiver

Epaves de promesses enfantines, les lèvres mauves, les plages noires, j’ai passé mes nuits à nous regretter. Il y a un pays, invérifiable, inaccessible comme les morts, j’ai passé ma vie à le rechercher comme un film en super 8, je ré embobine ma vie ».

 

Le deuil est omniprésent, salutaire, car jamais Agnès ne se sépare de son optimisme, de son mordant. Si elle daigne regarder en arrière, c’est plus pour extirper la quintessence de la vie. L’enfance, le couple, les films, les rencontres tout participe à forger un avenir certes restreint mais fervent.  

Philippe Maron - Jacquot de Nantes

Il fait nuit

« Mais qui est moi ? Rien qu’une mémoire fait sur mesure, souvenirs salés, les jours ternissent aux marées basses » 

Agnès, elle le dit elle-même, comme les personnes âgées (80 ans et aussi vive qu’une ado) perdent la mémoire. Ses plages impriment ses souvenirs, contre vents et marées, ils s’inscrivent à jamais sur les sables. 

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Pourquoi

« Pourquoi je vis toujours, trainant en retard, pudique émois, trop peur de clamer c’est toi mon amour »

 

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              Jacques, Demy-dieu, Demy-maître  

Je suis au bord de la fenêtre

« Je suis au bord de la fenêtre, laisse moi entrer… J’ai tout fais pour me faire remarquer, pour que tu ouvres ta fenêtre, me permettant d’entrer sans même que tu me vois, visiteur clandestin ».

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Agnès Varda, sans avoir l’air d’y toucher ou presque, s’est imposée depuis plus d’un demi-siècle comme l’un des piliers du cinéma international. Toujours ludique, parfois grave, elle embarque son petit monde dans ses voyages, dans ses pensées. Ses films sont des éclats de vie, des murs murs passionnés, les fruits d’une glaneuse d’images, la plume acérée, la pointe courte et tellement étoilée. Une demoiselle qui a fêté ses 80 ans et dont l’éternelle jeunesse nous ravit.   

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"Enfants d'Hiver", par Jane Birkin

Enfants d'Hiver

Cet article est dédié à Edith (Jolie MaM’) et Philippe (Wonder Poupoudre) qui ont eu la merveilleuse idée de m’offrir « Enfants d’Hiver » pour Noël, mais surtout pour le remercier de tout ce qu’ils m’apportent. Ils ont réussi à redonner à mon cœur orphelin et un peu amer, le goût et le sens de la famille. Ils m’ont donné accès à une plage de sable d’or ou affection, amour et bien être brillent. Merci pour tous ces moments passés ensemble et pour tous ceux qui arrivent…

 
Les Plages d'Agnès - ma note pour ce film :
Réalisé par Agnès Varda
2008, l'année oubliable

Tout d’abord, je présente à chacun mes Vœux pour cet An 09 que je vous souhaite étincelant, plein de découvertes et d’émotions. L’année 2008 ne me laissera qu’un souvenir en demie teinte… Ils sont peu à rivaliser pour un top 10 ! Statistiquement c’est plutôt bon, mais rien de vraiment surprenant à part quelques uns. Il aura fallu le retour d’une vétérante extraordinaire, l’immense et pétillante Agnès Varda, pour que l’émotion revienne vraiment et de fait l’envie de retourner dans les salles… Gageons sur 2009, en la souhaitant plus réjouissante ! 

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                                    LE TOP 10 (sur 100 films)

1° Les plages d'Agnès

2° Sweeney Todd

3° Seraphine

4° L'orphelinat

5° Vicky, Cristina, Barcelona

6° Un coeur simple

7° Le 1er jour du reste de ta vie

8° REC

9° Valse avec Bachir

10° Versailles

 

ŸŸš

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 LE TOP NUL (sur 100 films)

1° Le voyage aux Pyrénées

2° Musée haut, musée bas

3° La ronde de nuit

4° Mamma mia

5° La fille de Monaco

6° Paris

7° Quinze ans et demi

8° The Dark night

9° Lady Jane

10° Vilaine

 
Les Plages d'Agnès - ma note pour ce film :
Réalisé par Agnès Varda
Vilaine

Vilaine

 

 

Vilaine, « se dit d’une personne qui n’est pas noble, méchante, désagréable et laide ». Tout est question de sémantique, mais aussi d’interprétation. Il est certain que bien des spectateurs s’attendaient à retrouver une jeune « Tatie Danielle » dans le personnage de Mélanie. On la voulait délicieusement abjecte, galleuse et méprisable… A la place on découvre une pauv’fille au physique ingrat, vulgaire qui inspire plus de pitié que de ressentiment. Benes et Mauduit ne se sont pas foulés, ils ont pompé le personnage dans le cinéma des années 80 (genre « Les hommes préfèrent les grosses »… qui a dit filiation ?) et pas que cela d’ailleurs ! On se croirait revenu direct à la grande époque des Zidi, Pecas et tutti quanti. Une laideur ambiante, des acteurs pour la plupart hystériques ou caricaturaux, un scénario dépourvu de toute finesse. Un concept ? Non un ratage. Seule Marilou Berry s’en sort plus d’ailleurs pour le capital de sympathie qu’elle dégage que le reste. Et dire qu’on aurait pu rire… Sur le coup c’est loupé ! Lamentable. 

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Vilaine - Pierre François Martin-Laval

PEF ! Super le coup de la perruque !

Du jamais vu !

Vilaine - Joséphine de Meaux

Joséphine de Meaux !  Oubiez bien ce nom elle est stressante !

 

 
Vilaine - ma note pour ce film :
Réalisé par Jean-Patrick Benes, Allan Mauduit
Avec Marilou Berry, Frédérique Bel, Pierre-François Martin-Laval, ...
Les citronniers

Le citron s’il est bien accommodé peut se révéler moins acide qu’il n’est… C’est le postulat de départ d’Eran Riklis qui file cette métaphore pour servir son récit et nous livre un joli film. Certes c’est un peu simpliste sur le discours, mais tellement généreux que l’on ne peut qu’être bienveillant dans l’ensemble. « Les citronniers » est avant tout une histoire de deux femmes que tout oppose. L’une palestinienne, seule et désargentée, l’autre israélienne, femme de ministre, belle, à l’arrogance défaillante. Entre elles, une barrière naturelle aussi anodine que dangereuse : un verger de citronniers, sorte de nomads’land source d’apaisement et de discorde. Ces arpents séculiers symbolisent le combat à niveau égal entre deux pays, deux libertés, deux individualités. 

Les Citronniers

 

Les Citronniers - Hiam Abbass

Hiam Abbass... essentielle !

Les Citronniers - Rona Lipaz Michael et Doron Tavory

Le parcours de ces combattantes allant de l’espoir d’une paix difficile à concrétiser en interne et en externe à la plus noire désillusion sera donc laborieux. Car sous des allures de légèreté, c’est bien d’un drame qu’il s’agit. Et même abordé dans l’anecdotique, il s’immisce, persiste et plombe la paysage. Esthétiquement très fort, le film rayonne aussi par la générosité de ses acteurs. A commencer par Hiam Abbass qui se révèle depuis quelque temps comme l’une des valeurs sures du cinéma international et qui ici offre une performance toute en nuance et en éclat. Ali Suliman en avocat opportuniste joue sur du velours et Rona Lipaz Michael en femme de ministre impliquée est parfaite. Ce trio d’exception apporte une émotion sincère qui vient palier au manque de crédibilité d’un récit blindé de bons sentiments et un peu naïf.

 
Les Citronniers - ma note pour ce film :
Réalisé par Eran Riklis
Avec Hiam Abbass, Ali Suliman, Rona Lipaz Michael, ...
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